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Que penser du Nutri-score?




L'étiquetage du Nutri-Score est censé refléter les qualités nutritionnelles d’un aliment et aider le consommateur à faire le bon choix pour sa santé.

Le Nutri-Score, c’est quoi ?

Le Nutri-Score est un étiquetage à 5 lettres de différentes couleurs.

Le grand avantage du Nutri-Score est de ne proposer qu’une seule note, sous la forme d’une lettre sur fond de couleur, qui résume la qualité supposée des produits alimentaires et des boissons d’une même famille.

Sont considérés par le Nutri-Score comme défavorables : l’excès de : calories, sucre, graisses saturées, sodium = sel.

Sont considérés comme favorables : le pourcentage de fruits, de légumes, l’utilisation d’huiles de bonnes qualités (olive, noix, colza) et l’apport en fibres et en protéines.

Ainsi, le Nutri-Score, grâce à une lettre et à une couleur, positionne l’aliment sur une échelle à 5 niveaux allant :

- du produit considéré comme le plus favorable sur le plan nutritionnel (classé A)

- au produit considéré comme le moins favorable (classé E)


Mais pouvant nous pour autant s’y fier à 100% ? Je dirai objectivement à 80%. Pourquoi ?


Les défauts du Nutri-Score

Le potentiel santé d’un aliment n’est souvent défini que par sa composition nutritionnelle.

Les chercheurs ont maintenant la certitude que la structure même des aliments, c’est-à-dire leur matrice, explique en grande partie leurs effets physiologiques et biologiques (c’est-à-dire la façon dont ils vont être absorbés et stockés). Dans les aliments complets, non dénaturés, cette matrice est intacte. Elle est constituée d’un réseau serré de fibres, protéines, en interaction avec d’autres nutriments, tous œuvrant en synergie une fois ingérés.

Le potentiel santé d’un aliment revêt donc une dimension à la fois quantitative par sa composition et qualitative par la structure de sa matrice, cette dernière ayant un rôle prépondérant.





  • Le Nutri-score néglige l’impact de la transformation des aliments et oublie le fondamental effet « matrice ». Or, les maladies chroniques sont d’abord liées à la dégradation excessive des matrices alimentaires. Ce n’est donc pas le sucre naturellement présent dans un aliment qui pose problème pour la santé mais le sucre ajouté libre, et donc sans matrice. C’est la même chose pour les acides gras saturés. Or, le Nutri-Score prend en compte les sucres et acides gras totaux, stigmatisant à tort les fromages avec des acides gras saturés non ajoutés et naturellement présents dans la matrice fermentée d’origine.


Le Nutri-score peut noter A ou B des aliments ultra-transformés. Les aliments bien notés par le Nutri-score (scores A et B) représentent environ 30 % de l’offre en supermarché. Or plus de la moitié de ces aliments bien notés sont néfastes pour la santé s’ils sont consommés régulièrement car ultra-transformés, selon une étude conduite par Siga sur 28 747 aliments industriels étiquetés emballés et représentatifs de l’offre en distribution alimentaire.



  • Le Nutri-score peut pénaliser des aliments traditionnels

Inversement, selon une autre étude conduite par Siga, plus du quart des produits notés défavorablement par le Nutri-score (C, D et E) ne sont pas des aliments ultra-transformés et représentent au contraire une part intéressante du régime alimentaire préventif lorsqu’on les consomme dans des quantités adaptées. C’est par exemple le cas des conserves de poisson, des huiles vierges, crèmes, beurres, mais aussi des chocolats et biscuits bien formulés…

  • Le Nutri-score confond qualité et quantité

Beurre, huile d’olive vierge, huile de colza vierge SONT tous des aliments de bonne qualité nutritionnelle ; à ce titre, ils devraient être classés A. Ce sont des ingrédients culinaires.

Consommés comme tel, ils ne posent pas de problèmes pour la santé.

  • Le Nutri-score ne tient pas compte de la taille des portions

Même si la pizza fournit une quantité acceptable d'énergie par 100 grammes, très peu de consommateurs ne mangeront que 100 grammes de pizza (en moyenne 400g). L'apport énergétique sera donc probablement supérieur aux recommandations alimentaires.

Du coup même si la pizza n'est pas recommandée par les recommandations diététiques, elle peut être perçue par les consommateurs comme étant modérément saine, en raison de son classement "B" ou "C" et on ne tient pas compte des quantités consommées !

L'inverse est vrai pour l'huile d'olive, qui est généralement utilisée avec parcimonie (20g/jour en moyenne). Pourtant, l'huile d'olive, qui est recommandée par les recommandations diététiques, pourrait être perçue par les consommateurs comme plutôt mauvaise pour la santé, en raison de son classement "C" !

  • Le Nutri-score ne tient pas compte de l’index glycémique d’un aliment !

Exemple des Céréales pour enfant du petit déjeuner (ex : Cho….ic) .

Même si l’industriel contrôle l’ajout de sucre, les céréales ont subi des transformations poussées (lorsqu’elles sont soufflées par exemple) qui rendent leur sucre extrêmement disponible ce qui va faire exploser la glycémie ! Résultat les enfants auront rapidement faim dans la matinée après consommation !


  • Les astuces des industriels pour obtenir un bon Nutri-Score

Comme on l’a vu, le Nutri-Score pénalise des teneurs élevées en calories et en certains nutriments mais ces ingrédients peuvent être compensés par l’ajout d'autres ingrédients. Des niveaux élevés de composants "négatifs" (énergie, graisses saturées, sucres et sodium) peuvent être compensés par la présence de composants dits "positifs" : fibres, fruits, légumes, légumineuses, noix, huiles de colza, de noix et d'olive…

Cette manipulation peut aboutir à un bon Nutri-Score sans guère changer la formulation.

D’où la prolifération de produits ultra-transformés avec des ajouts de fibres comme dans les pains de mie (soit disant complet mais la teneur en céréales complètes est souvent inférieure à 40%..) sans aucun intérêt nutritionnel qui affichent un Nutri-Score A ou B.


En conclusion

Le nutriscore est bon indicateur dans plus de 80% des cas mais méfiez vous des 20% restants !


Sources

La Nutrition.fr

Mazzù MF, Romani S, Baccelloni A, Gambicorti A. A cross-country experimental study on consumers' subjective understanding and liking on front-of-pack nutrition labels. Int J Food Sci Nutr. 2021 Sep;72(6):833-847.







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